La Résurrection : Comprendre Son Impact Spirituel et Culturel
- 4 avr.
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Bienaimés de Dieu remplis de grâces,
il y a une question très simple qui traverse toutes les lectures d’aujourd’hui : que fait Dieu quand tout semble fini ?
Dans l’Évangile selon saint Marc (Mc 16, 1-8), les femmes viennent au tombeau avec une seule idée : honorer un mort. Pour elles, tout est terminé. La pierre est là, la mort a gagné. Mais elles trouvent la pierre roulée, et surtout elles entendent cette parole : « Il est ressuscité : il n’est pas ici ».
Dans le livre de Jonas (Jonas 2, 1-11), c’est la même expérience, mais autrement. Jonas est au fond de la mer, enfermé dans le poisson. Il dit lui-même qu’il est « dans le ventre des enfers ». Tout est fini. Et pourtant, c’est là, dans cet endroit sans issue, qu’il crie vers Dieu… et Dieu le fait remonter à la vie.
L’unité des lectures est claire : Dieu agit précisément là où nous pensons qu’il n’y a plus d’issue.
Saint Paul le dit avec force : « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur » (1 Co 15, 17). Cela signifie que toute notre foi repose sur cette vérité : Dieu n’abandonne pas dans la mort, il ouvre un passage.
Permettez-moi ici une petite précision exégétique simple mais importante. Dans l’Évangile de Marc, les femmes se demandent : « Qui nous roulera la pierre ? ». Cette pierre n’est pas seulement un détail matériel. Dans la culture juive du Ier siècle, les tombeaux étaient fermés par de lourdes pierres pour sceller définitivement la mort. Le fait que la pierre soit déjà roulée signifie donc, de manière très concrète : ce que l’homme considère comme définitivement fermé, Dieu l’ouvre. Cette lecture est reconnue par de nombreux exégètes contemporains (par exemple : Daniel Marguerat, Introduction au Nouveau Testament, Labor et Fides, 2004).
Frères et sœurs, cette pierre, nous la connaissons. Ce sont nos découragements, nos péchés, nos situations bloquées, nos relations blessées. Nous aussi, nous nous disons : « Qui va enlever cette pierre ? »
Et la réponse de l’Évangile est déroutante : elle est déjà enlevée. Avant même que nous arrivions, Dieu a commencé à agir.
Le Catéchisme de l’Église catholique affirme :
« La Résurrection de Jésus est la vérité culminante de notre foi dans le Christ » (CEC, n° 638, publié en 1992).
Cela veut dire que la résurrection n’est pas seulement un événement du passé, mais une réalité qui transforme notre présent.
Saint Jean Chrysostome, dans une homélie pascale célèbre, proclame :
« Le Christ est ressuscité, et la vie triomphe » (Homélie pascale, IVe siècle).
Cette parole n’est pas une poésie : c’est une certitude pour aujourd’hui.
Alors, concrètement, qu’est-ce que cela change pour nous ?
Je vous propose un chemin très simple cette semaine : identifier une “pierre” dans votre vie, une situation que vous pensez bloquée — un conflit, une peur, une habitude mauvaise, une fatigue spirituelle — et poser un petit acte de foi.
Pas quelque chose d’extraordinaire. Juste un pas : une prière sincère, une demande de pardon, une reprise de dialogue, un retour vers Dieu.
Parce que la résurrection commence souvent par des petits pas, mais des pas réels.
Bienaimés, les femmes sont venues au tombeau avec la peur, et elles repartent avec une mission. Jonas était enfermé, et il est remis en route.
Aujourd’hui encore, Dieu fait la même chose avec nous.
Alors ne restons pas devant nos tombeaux. Même si nous tremblons, avançons. Car le Christ nous précède déjà, et là où nous voyons une fin, lui prépare une vie nouvelle.

Livre de Jonas 2/1-11
Le Seigneur donna l’ordre à un grand poisson d’engloutir Jonas. Jonas demeura dans les entrailles du poisson trois jours et trois nuits. Depuis les entrailles du poisson, il pria le Seigneur son Dieu. Il disait : Dans ma détresse, je crie vers le Seigneur, et lui me répond ; du ventre des enfers j’appelle : tu écoutes ma voix. Tu m’as jeté au plus profond du cœur des mers, et le flot m’a cerné ; tes ondes et tes vagues ensemble ont passé sur moi. Et je dis : me voici rejeté de devant tes yeux ; pourrai-je revoir encore ton temple saint ? Les eaux m’ont assailli jusqu’à l’âme, l’abîme m’a cerné ; les algues m’enveloppent la tête, à la racine des montagnes. Je descendis aux pays dont les verrous m’enfermaient pour toujours ; mais tu retires ma vie de la fosse, Seigneur mon Dieu. Quand mon âme en moi défaillait, je me souvins du Seigneur ; et ma prière parvint jusqu’à toi dans ton temple saint. Les servants de vaines idoles perdront leur faveur. Mais moi, au son de l’action de grâce, je t’offrirai des sacrifices ; j’accomplirai les vœux que j’ai faits : au Seigneur appartient le salut. Alors le Seigneur parla au poisson, et celui-ci rejeta Jonas sur la terre ferme.
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15/12-26
Nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts ; alors, comment certains d’entre vous peuvent-ils affirmer qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu ; et nous faisons figure de faux témoins de Dieu, pour avoir affirmé, en témoignant au sujet de Dieu, qu’il a ressuscité le Christ, alors qu’il ne l’a pas ressuscité si vraiment les morts ne ressuscitent pas. Car si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur, vous êtes encore sous l’emprise de vos péchés ; et donc, ceux qui se sont endormis dans le Christ sont perdus. Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. Mais non ! le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis. Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. En effet, de même que tous les hommes meurent en Adam, de même c’est dans le Christ que tous recevront la vie, mais chacun à son rang : en premier, le Christ, et ensuite, lors du retour du Christ, ceux qui lui appartiennent. Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père, après avoir anéanti, parmi les êtres célestes, toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance. Car c’est lui qui doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort,
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16/1-8
Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus. De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au tombeau dès le lever du soleil. Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? » Levant les yeux, elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande. En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de frayeur. Mais il leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : “Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit.” » Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur.


