Là où Dieu parle, la vie déborde
- 23 avr.
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Bienaimés de Dieu remplis de grâces, Dieu rend fécond ce qui semblait vide, à condition que l’homme accepte d’écouter sa parole.
Dans la Genèse, Dieu crée une vie abondante : « Que les eaux foisonnent… » et il bénit cette création en disant : « Soyez féconds et multipliez-vous » (Gn 1,20-23). Dès le commencement, Dieu veut la vie, la croissance, la fécondité. Rien n’est fait pour rester stérile.
Et pourtant, dans l’Évangile, les disciples vivent exactement l’inverse. Ils travaillent toute la nuit, ils connaissent leur métier, ils font tout ce qu’il faut… et ils ne prennent rien. Cette nuit sans fruit, c’est l’image de nos vies quand nous comptons seulement sur nous-mêmes : beaucoup d’efforts, parfois peu de résultats, et une certaine fatigue intérieure.
Mais au matin, Jésus-Christ, le ressuscité, est là. Et tout bascule sur une parole: « Jetez le filet à droite de la barque » (Jn 21,6). Ce qui change, ce n’est pas la mer, ce n’est pas le filet, ce n’est pas leur compétence. Ce qui change, c’est qu’ils agissent désormais sur la parole du Seigneur.
Voici l’idée centrale : la fécondité chrétienne ne vient pas d’abord de nos efforts, mais de notre écoute.
Un élément exégétique peut nous aider à comprendre la profondeur de ce passage. Le nombre « cent cinquante-trois poissons » (Jn 21,11) a été longuement médité par les Pères de l’Église. Saint Augustin y voit un symbole de totalité, signifiant que la mission de l’Église est universelle, destinée à rassembler tous les peuples sans que le filet ne se déchire (Augustin, Tractatus in Ioannem, 122, 8). Cela signifie que lorsque l’Église agit selon la parole du Christ, sa mission devient féconde et unifiante.
La lettre aux Hébreux nous donne la clé intérieure de cette fécondité : « Que le Dieu de la paix… vous forme en tout ce qui est bon pour accomplir sa volonté » (He 13,20-21). Ce n’est pas seulement une question d’action extérieure, mais d’un cœur ajusté à Dieu, d’une conscience droite, d’une vie orientée vers le bien.
Le Catéchisme de l’Église catholique le dit clairement : « La fécondité morale des actions humaines dépend de leur conformité à la volonté de Dieu » (CEC, n° 1755, Catéchisme de l’Église catholique, 1992). Autrement dit, ce qui porte du fruit, ce n’est pas seulement ce que nous faisons, mais la manière dont nous le faisons, en communion avec Dieu.
Saint Jean Chrysostome résume cela avec force : « Ce n’est pas le travail des pêcheurs qui a rempli le filet, mais la parole du Seigneur » (Homélies sur l’Évangile de Jean, homélie 87).
Alors, concrètement, que faire ?
Cette semaine, je vous propose un geste simple mais exigeant : avant une décision, avant une action importante au travail, en famille, dans une relation prenons le temps de demander intérieurement : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » Puis agissons. Ce petit déplacement intérieur peut transformer une journée entière.
Car le Seigneur est déjà sur le rivage de nos vies. Il nous attend dans nos efforts, dans nos nuits, dans nos découragements. Et il nous redit aujourd’hui : « Jetez le filet autrement. Faites-moi confiance. »
Bienaimés de Dieu , rien de ce que nous vivons n’est condamné à rester stérile si nous laissons le Christ entrer dans votre manière d’agir. Avec lui, même une nuit vide peut devenir une abondance inattendue.
Alors avançons avec confiance : Dieu travaille déjà en nous, et il rendra fécond ce que nous lui confions.

Lectures du quatrième dimanche du temps pascal selon la liturgie maronite.
Livre de la Genèse 1,20-23.
Quand il créa le ciel et la terre, Dieu dit encore : « Que les eaux foisonnent d’une profusion d’êtres vivants, et que les oiseaux volent au-dessus de la terre, sous le firmament du ciel. » Dieu créa, selon leur espèce, les grands monstres marins, tous les êtres vivants qui vont et viennent et foisonnent dans les eaux, et aussi, selon leur espèce, tous les oiseaux qui volent. Et Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit par ces paroles : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez les mers, que les oiseaux se multiplient sur la terre. » Il y eut un soir, il y eut un matin : cinquième jour.
Lettre aux Hébreux 13,18-25.
Frères, Priez pour nous ; en effet, nous sommes convaincus d’avoir une conscience pure, puisque nous voulons en toute circonstance avoir une bonne conduite. Je vous demande instamment de le faire, pour que je vous sois rendu plus vite. Que le Dieu de la paix, lui qui a fait remonter d’entre les morts, grâce au sang de l’Alliance éternelle, le berger des brebis, le Pasteur par excellence, notre Seigneur Jésus, que ce Dieu vous forme en tout ce qui est bon pour accomplir sa volonté, qu’il réalise en nous ce qui est agréable à ses yeux, par Jésus Christ, à qui appartient la gloire pour les siècles des siècles. Amen. Je vous invite, frères, à supporter cette parole d’exhortation. D’ailleurs, je ne vous envoie que quelques mots. Sachez que notre frère Timothée est libéré. J’irai vous voir avec lui s’il vient assez vite. Saluez tous ceux qui vous dirigent et tous les fidèles. Ceux d’Italie vous saluent. La grâce soit avec vous tous.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 21,1-14.
Après cela, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien. Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres. Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


