Accueillir le créateur
- Béchara Aoun

- 24 déc. 2025
- 6 min de lecture
Frères et sœurs bienaimés de Dieu, en cette belle soirée, nous nous rassemblons ici à Lyon, dans la joie et l'espérance, pour célébrer un événement qui a bouleversé l’histoire du monde : la naissance de Jésus, notre Sauveur.
L’Évangile de ce soir nous raconte comment, dans une humble étable à Bethléem, Marie et Joseph ont accueilli un enfant, emmailloté et couché dans une mangeoire. Dieu se fait proche, accessible, visible. Le prophète Isaïe, dans la première lecture, nous annonce qu'un peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Cette lumière, c’est Jésus ! Il est la lumière qui chasse l'ombre, qui éveille en nous une joie nouvelle. Cette joie, c’est celle que les bergers émerveillés par le message d’un ange, qui n’ont pas perdu une minute : ils sont allés voir l'enfant, et, sont repartis glorifiant Dieu.
Parlons un peu de cette joie. Noël, c’est bien plus qu’une simple fête. N’est-ce pas une joie particulière dans les familles, quand un enfant arrive dans la maison ? Un enfant qui n'apporte pas seulement du bruit et des couches à changer, mais aussi une lumière nouvelle, un souffle de vie. Vous qui êtes parents, grands-parents, vous le savez bien, la naissance d’un enfant transforme tout. Même une nuit sans sommeil devient un souvenir précieux.
Je pense en particulier à toutes les familles qui sont ici ce soir, qui se sont déplacées pour célébrer cette naissance. Vous avez dû jongler avec le repas de Noël, les préparations de dernière minute, ou bien les disputes entre frères et sœurs. Mais au fond, tout cela est signe de la vie qui va de l’avant, du bonheur parfois un peu fou qu'apporte la naissance d’un enfant. Et Noël, c'est aussi un peu ça : un joyeux moment où la patience et la tendresse s’entrelacent.
Et puis, il y a ce moment où l'enfant naît. Une naissance, c’est toujours un mystère, un miracle. Que de tendresse, que d’émerveillement dans les yeux des parents qui regardent leur enfant pour la première fois. Ce n’est pas si différent de ce que Marie et Joseph ont dû ressentir cette nuit-là : un amour infini, un respect profond pour cette petite vie, ce don précieux de Dieu.
Noël c’est la joie du Sauveur qui naît, et la joie de la création qui accueille cette lumière. Noël, c’est l’histoire de la création invitée à accueillir son créateur. Cette lumière, est immense, elle est plus forte que tout, même plus forte que la nuit la plus noire.
Alors, réjouissons nous ! Oui, même si la vie n'est pas toujours facile, même si tout n'est pas parfait. Le Christ est là, au milieu de nous, et il nous apporte une grande joie, une joie qui ne dépend pas des circonstances extérieures, mais de la présence de Dieu parmi nous.
Comme les bergers qui se sont précipités à Bethléem, nous aussi, nous sommes invités à courir vers cette lumière, à courir vers l'amour qui se fait présent dans l'Enfant Jésus. Nous aussi, comme eux, nous sommes appelés à annoncer la bonne nouvelle, à la partager, non seulement en paroles, mais aussi par nos gestes, par notre façon d’accueillir et d’aimer les autres.
Jésus Christ est là, tout près, dans les moments simples et quotidiens, dans les épreuves, mais aussi dans les rires et les partages. Cette lumière, c’est Lui. Et Elle brille. Qu’elle rentre et qu’elle remplisse nos cœurs et nos foyers. Et que la naissance de Jésus nous comble de joie. Amen.

Livre d'Isaïe 8,23.9,1-5.
Pas la moindre lueur pour celui qui sera dans l’angoisse. Dans un premier temps, le Seigneur a couvert de honte le pays de Zabulon et le pays de Nephtali ; mais ensuite, il a couvert de gloire la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain, et la Galilée des nations.
Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi.
Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin.
Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madiane.
Et les bottes qui frappaient le sol, et les manteaux couverts de sang, les voilà tous brûlés : le feu les a dévorés.
Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ».
Lettre aux Hébreux 1,1-12.
Frères, à bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ;
mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes.
Rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être, le Fils, qui porte l’univers par sa parole puissante, après avoir accompli la purification des péchés, s’est assis à la droite de la Majesté divine dans les hauteurs des cieux ;
et il est devenu bien supérieur aux anges, dans la mesure même où il a reçu en héritage un nom si différent du leur.
En effet, Dieu déclara-t-il jamais à un ange : Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ? Ou bien encore : Moi, je serai pour lui un père, et lui sera pour moi un fils ?
À l’inverse, au moment d’introduire le Premier-né dans le monde à venir, il dit : Que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu.
À l’adresse des anges, il dit : Il fait de ses anges des esprits, et de ses serviteurs des flammes ardentes.
Mais à l’adresse du Fils, il dit : Ton trône à toi, Dieu, est pour les siècles des siècles, le sceptre de la droiture est ton sceptre royal ;
tu as aimé la justice, tu as réprouvé le mal, c’est pourquoi, toi, Dieu, ton Dieu t’a consacré d’une onction de joie, de préférence à tes compagnons ;
et encore : C’est toi, Seigneur, qui, au commencement, as fondé la terre, et le ciel est l’ouvrage de tes mains.
Ils passeront, mais toi, tu demeures ; ils s’useront comme un habit, l’un et l’autre ;
comme un manteau, tu les enrouleras, comme un habit, ils seront remplacés ; mais toi, tu es le même, tes années n’auront pas de fin.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,1-20.
En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre –
ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie.
Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.
Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David.
Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.
Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli.
Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.
Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur.
Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »
Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. »
Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire.
Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.
Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.
Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.
Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


