Dieu appelle
- Béchara Aoun

- 17 janv.
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Bienaimés de Dieu remplis de grâces, les lectures du deuxième dimanche de l’Épiphanie selon la liturgie maronite suggèrent que : Dieu appelle, l’homme hésite, et malgré ça la mission naît, portée par le Seigneur. Jérémie se sent trop jeune, Paul se sait fragile comme un vase d’argile, et les premiers disciples de l’Évangile avancent timidement vers Jésus. Mais tous découvrent que c’est Dieu qui agit, donc pas besoin de s’inquiéter.
Jérémie se sent incapable : « Je suis un enfant ». Dieu ne nie pas sa faiblesse ; Il dit : « Je mets mes paroles dans ta bouche ». De même, saint Paul affirme que le trésor de l’Évangile est porté par des vases d’argile, afin que l’on reconnaisse que la puissance vient de Dieu et non de ses envoyés.
Dieu n’a pas peur d’envoyer des hommes fragiles en mission.
Dans l’Évangile selon saint Jean, tout commence par une question de Jésus : « Que cherchez-vous ? » Cette question rejoint le cœur de toute vie humaine. Les disciples répondent : « Où demeures-tu ? » D’un point de vue exégétique, le verbe grec utilisé ici, méno, signifie bien plus que “habiter” : c’est un verbe d’état qui veut dire rester en communion, partager la vie. Les disciples ne demandent pas une information, ils désirent rester avec Jésus. Et Jésus répond : « Venez, et vous verrez ».
La foi chrétienne commence par cette expérience : rester avec le Christ.
Le Catéchisme de l’Église catholique nous le rappelle clairement : « Dieu appelle l’homme à le servir dans la foi et la liberté » (CEC, n° 160).
Dieu ne force pas les hommes à le servir.
Saint Augustin dit : « Dieu qui t’a créé sans toi, ne te sauvera pas sans toi ». Oui le Seigneur nous précède par sa grâce, mais il attend notre réponse.
Concrètement, comment répondre aujourd’hui à l’appel de Dieu ? Peut-être simplement en prenant chaque jour un court moment pour “demeurer” avec le Seigneur : ouvrir l’Évangile, lui confier nos peurs, nos responsabilités, notre mission d’enfants de parents, de travailleurs, de chrétiens. Et comme André, après avoir rencontré Jésus, oser un geste simple : parler de Lui à un proche, inviter, encourager, témoigner par une parole ou un acte.
Bienaimés de Dieu, le Seigneur continue aujourd’hui à poser son regard sur chacun de nous. Il connaît nos faiblesses, et il nous appelle quand même. Malgré nos faiblesses nous sommes là tous rassemblés pour le louer.
Oui nous reconnaissons que nous sommes pécheurs, et c’est pour cela que nous venons à la messe.
Nous demandons au Seigneur de poser sur nous son regard et de nous sanctifier. Et là où nous croyons manquer, Dieu complète et fait surgir la vie. Osons lui faire confiance : sa Parole agit encore, et sa grâce est déjà à l’œuvre dans nos vies. A la fin de la messe après avoir été sanctifié nous pouvons ainsi partir et parler de la bonté de Dieu et lui rendre grâce.

lectures du deuxième dimanche de l’Épiphanie selon la liturgie maronite
Livre de Jérémie 1,4-10.
La parole du Seigneur me fut adressée :
« Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu viennes au jour, je t’ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les nations. »
Et je dis : « Ah ! Seigneur mon Dieu ! Vois donc : je ne sais pas parler, je suis un enfant ! »
Le Seigneur reprit : « Ne dis pas : “Je suis un enfant !” Tu iras vers tous ceux à qui je t’enverrai ; tout ce que je t’ordonnerai, tu le diras.
Ne les crains pas, car je suis avec toi pour te délivrer – oracle du Seigneur. »
Puis le Seigneur étendit la main et me toucha la bouche. Il me dit : « Voici, je mets dans ta bouche mes paroles !
Vois : aujourd’hui, je te donne autorité sur les nations et les royaumes, pour arracher et renverser, pour détruire et démolir, pour bâtir et planter. »
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 4,5-15.
Frères, en effet, ce que nous proclamons, ce n’est pas nous-mêmes ; c’est ceci : Jésus Christ est le Seigneur ; et nous sommes vos serviteurs, à cause de Jésus.
Car Dieu qui a dit : ‘Du milieu des ténèbres brillera la lumière’, a lui-même brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ.
Mais ce trésor, nous le portons comme dans des vases d’argile ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous.
En toute circonstance, nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés ; nous sommes déconcertés, mais non désemparés ;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis.
Toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps.
En effet, nous, les vivants, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre condition charnelle vouée à la mort.
Ainsi la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous.
L’Écriture dit : ‘J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé.’ Et nous aussi, qui avons le même esprit de foi, nous croyons, et c’est pourquoi nous parlons.
Car, nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus, et il nous placera près de lui avec vous.
Et tout cela, c’est pour vous, afin que la grâce, plus largement répandue dans un plus grand nombre, fasse abonder l’action de grâce pour la gloire de Dieu.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1,35-42.
Le lendemain encore, Jean se trouvait là avec deux de ses disciples.
Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. »
Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus.
Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? »
Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).
André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus.
Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ.
André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


