Dieu donne la guérison.
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Bienaimés de Dieu remplis de grâces, la Parole de Dieu aujourd’hui nous conduit sur un même chemin : celui de la purification du cœur et de la liberté que Dieu veut offrir à chacun. Dans la première lecture, Naaman est un homme puissant, admiré, victorieux… mais malade. Dans l’Évangile, un lépreux s’approche de Jésus, pauvre, exclu, blessé. Deux situations très différentes, mais une même soif : être purifié, être relevé, être sauvé.
Ce qui unit profondément ces lectures, c’est l’humilité qui ouvre la porte à la grâce. Naaman attend un miracle spectaculaire, digne de sa grandeur. Il veut un geste impressionnant, une parole solennelle. Mais Dieu passe par un chemin simple : se plonger dans le Jourdain. Et c’est seulement lorsqu’il accepte d’obéir humblement qu’il est guéri. De même, le lépreux de l’Évangile ne revendique rien, il ne commande pas à Dieu, il dit simplement : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Cette attitude bouleverse le cœur du Christ.
D’un point de vue théologique, la lèpre dans la Bible n’est pas seulement une maladie physique : elle symbolise aussi l’impureté, l’exclusion, et d’une certaine manière l’état du péché qui isole l’homme de Dieu et des autres. Lorsque Jésus touche le lépreux, il accomplit un geste extraordinaire : selon la loi, toucher un impur rendait impur. Mais avec Jésus, c’est l’inverse. Sa sainteté est contagieuse. Sa miséricorde purifie. Sa grâce relève.
Saint Paul le confirme dans la lettre aux Romains : « Le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle. » Voilà le cœur du message : Dieu ne se contente pas d’améliorer notre vie, il nous libère du péché et nous rend capables de vivre pour la justice et la sainteté. Nous ne sommes plus esclaves du péché, mais appelés à devenir serviteurs de Dieu par amour.
Le Catéchisme de l’Église catholique enseigne clairement : « La grâce est la faveur, le secours gratuit que Dieu nous donne pour répondre à son appel » (CEC, n° 1996). Autrement dit, la guérison que Dieu offre n’est pas méritée, elle est donnée. Comme pour Naaman. Comme pour le lépreux. Comme pour nous.
Naaman a dû descendre dans l’eau. Le lépreux a dû s’approcher de Jésus. Et nous, nous sommes appelés à faire un pas concret vers le Seigneur.
Très concrètement, cette Parole nous invite cette semaine à un geste simple mais décisif : prendre chaque jour un temps de prière silencieuse, même court, comme Jésus qui se levait avant l’aube, et oser confier au Seigneur une blessure précise de notre vie ; un péché, une peur, une fatigue, une relation blessée, en lui disant avec foi : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Et ensuite poser un acte de conversion concret : une réconciliation, un pardon, ou une démarche sacramentelle.
Frères et sœurs, le Christ continue aujourd’hui de tendre la main, de toucher nos blessures et de nous purifier par sa grâce. Aucun péché, aucune blessure, aucune faiblesse n’est trop grande pour sa miséricorde. Si nous nous approchons de lui avec un cœur humble et confiant, il peut renouveler notre vie, apaiser nos cœurs et faire de nous des témoins vivants de son amour au milieu du monde.

Lectures du deuxième dimanche du Grand Carême : La guérison du Lépreux
Deuxième livre des Rois 5,1-3.9-14.
Naaman, général de l’armée du roi d’Aram, était un homme de grande valeur et hautement estimé par son maître, car c’est par lui que le Seigneur avait donné la victoire au royaume d’Aram. Or, ce vaillant guerrier était lépreux. Des Araméens, au cours d’une expédition en terre d’Israël, avaient fait prisonnière une fillette qui fut mise au service de la femme de Naaman. Elle dit à sa maîtresse : « Ah ! Si mon maître s’adressait au prophète qui est à Samarie, celui-ci le délivrerait de sa lèpre. » Naaman arriva avec ses chevaux et son char, et s’arrêta à la porte de la maison d’Élisée. Élisée envoya un messager lui dire : « Va te baigner sept fois dans le Jourdain, et ta chair redeviendra nette, tu seras purifié. » Naaman se mit en colère et s’éloigna en disant : « Je m’étais dit : Sûrement il va sortir, et se tenir debout pour invoquer le nom du Seigneur son Dieu ; puis il agitera sa main au-dessus de l’endroit malade et guérira ma lèpre.
Est-ce que les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Si je m’y baignais, est-ce que je ne serais pas purifié ? » Il tourna bride et partit en colère. Mais ses serviteurs s’approchèrent pour lui dire : « Père ! Si le prophète t’avait ordonné quelque chose de difficile, tu l’aurais fait, n’est-ce pas ? Combien plus, lorsqu’il te dit : “Baigne-toi, et tu seras purifié.” » Il descendit jusqu’au Jourdain et s’y plongea sept fois, pour obéir à la parole de l’homme de Dieu ; alors sa chair redevint semblable à celle d’un petit enfant : il était purifié !
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 6,12-23.
Frères, il ne faut donc pas que le péché règne dans votre corps mortel et vous fasse obéir à ses désirs. Ne présentez pas au péché les membres de votre corps comme des armes au service de l’injustice ; au contraire, présentez-vous à Dieu comme des vivants revenus d’entre les morts, présentez à Dieu vos membres comme des armes au service de la justice. Car le péché n’aura plus de pouvoir sur vous : en effet, vous n’êtes plus sujets de la Loi, vous êtes sujets de la grâce de Dieu. Alors ? Puisque nous ne sommes pas soumis à la Loi mais à la grâce, allons-nous commettre le péché ? Pas du tout. Ne le savez-vous pas ? Celui à qui vous vous présentez comme esclaves pour lui obéir, c’est de celui-là, à qui vous obéissez, que vous êtes esclaves : soit du péché, qui mène à la mort, soit de l’obéissance à Dieu, qui mène à la justice. Mais rendons grâce à Dieu : vous qui étiez esclaves du péché, vous avez maintenant obéi de tout votre cœur au modèle présenté par l’enseignement qui vous a été transmis. Libérés du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice. J’emploie un langage humain, adapté à votre faiblesse. Vous aviez mis les membres de votre corps au service de l’impureté et du désordre, ce qui mène au désordre ; de la même manière, mettez-les à présent au service de la justice, ce qui mène à la sainteté.
Quand vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres par rapport aux exigences de la justice. Qu’avez-vous récolté alors, à commettre des actes dont vous avez honte maintenant ? En effet, ces actes-là aboutissent à la mort. Mais maintenant que vous avez été libérés du péché et que vous êtes devenus les esclaves de Dieu, vous récoltez ce qui mène à la sainteté, et cela aboutit à la vie éternelle.
Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,35-45.
Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. » Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. » Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.
Un lépreux vient auprès de lui ; il le supplie et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié. Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


