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Dieu parle au coeur

11 août
7 min de lecture

Bien-aimés de Dieu, comblés de grâces, Jésus explique dans l'Évangile que la semence, c'est la parole de Dieu. Il ne dit pas que le semeur manque de générosité. Bien au contraire, il sème partout, même là où la semence risque de ne jamais donner de fruit. Dieu ne se lasse jamais de parler à notre cœur.

 

La vraie question de cet Évangile n'est donc pas : « Est-ce que Dieu me parle ? » Elle est plutôt : « Qu'est-ce que je fais de sa Parole lorsqu'elle frappe à ma porte ? »

 

Jésus nous parle de plusieurs types de terrains : le chemin, les pierres, les ronces, et puis la bonne terre. Et ce qui est bouleversant, c'est que nous portons tous ces terrains en nous, parfois à des moments différents de notre vie. Il y a des jours où nous entendons la Parole, mais nous passons aussitôt à autre chose. D'autres jours, nous sommes touchés, mais une épreuve surgit et notre foi vacille. Et puis il y a ces ronces que Jésus nomme avec une simplicité désarmante : les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie.

 

Nous connaissons bien cela. Parfois, nous aimons Dieu sincèrement, mais notre cœur est tellement encombré de préoccupations qu'il ne reste presque plus de place pour Lui. Nous prions, mais notre tête continue de courir dans tous les sens. Nous écoutons l'Évangile, mais une blessure, une peur, une colère ou une inquiétude prend toute la place.

 

Et pourtant, Dieu ne nous lâche pas. C'est ici que la première lecture rejoint magnifiquement l'Évangile. Dans la Genèse, Dieu place l'homme dans le jardin et lui confie cette mission : « le travailler et le garder ». Le jardin est un don de Dieu, mais il doit être cultivé.

 

Il en va de même pour notre cœur. Notre cœur est un don de Dieu, mais il a besoin d'être travaillé. Il faut parfois enlever une pierre, arracher une ronce, ouvrir un espace. La vie chrétienne ne consiste pas simplement à recevoir quelque chose de Dieu ; c'est aussi laisser Dieu transformer ce qu'il a déposé en nous.

 

C'est exactement ce que l'Église appelle la conversion. Le Catéchisme nous enseigne que la conversion intérieure est « une radicale réorientation de toute la vie », accompagnée du désir et de la décision de changer, avec « l'espérance en la miséricorde de Dieu et la confiance dans le secours de sa grâce » (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1431).

 

Notons bien : l'Église ne dit pas que nous devons nous transformer tout seuls. Elle parle de la grâce de Dieu.

 

Voilà pourquoi saint Paul peut nous offrir aujourd'hui une parole de consolation : « Moi, j'ai planté, Apollos a arrosé, mais c'est Dieu qui donnait la croissance. » Nous avons parfois l'impression que tout dépend de nous : réussir notre vie, notre famille, notre foi, être de bons parents, de bons époux, de bons chrétiens. Et lorsque nous touchons nos limites, nous nous décourageons.

 

Saint Paul nous rappelle l'essentiel : nous travaillons, mais c'est Dieu qui donne la croissance.

 

Nous devons cultiver notre cœur, oui. Mais nous ne sommes pas les sauveurs de notre propre vie. Le Christ est le fondement. Saint Paul le dit sans détour : « La pierre de fondation, personne ne peut en poser d'autre que celle qui s'y trouve : Jésus Christ. »

 

Il y a ici un point théologique important : dans la foi catholique, la conversion n'est pas seulement un effort moral par lequel l'homme essaie de devenir meilleur. Elle est d'abord une œuvre de la grâce de Dieu, à laquelle l'homme répond librement. Le Catéchisme le précise : « La conversion est d'abord une œuvre de la grâce de Dieu qui fait revenir nos cœurs à lui » (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1432).

 

Alors, peut-être que quelqu'un parmi nous se dit aujourd'hui : « Mon cœur est trop abîmé. J'ai trop de blessures. J'ai trop échoué. Je ne suis plus une bonne terre. » Écoute bien : Jésus ne te demande pas d'être une terre parfaite. Il te demande de lui laisser travailler ta terre.

 

Saint Augustin l'a compris au cœur de sa propre conversion. Il écrit au début des Confessions : « Tu nous as faits pour toi et notre cœur est sans repos tant qu'il ne repose en toi. » (Confessions, I, 1, 1).

 

Notre cœur cherche souvent son repos dans mille choses : la réussite, l'argent, l'approbation des autres, les distractions, parfois même dans certaines relations. Mais aucune de ces choses ne peut prendre la place du Christ.

 

Alors, que faire concrètement cette semaine ? Faisons une seule chose, mais faisons-la vraiment.

 

Prenons chaque jour cinq minutes avec l'Évangile. Pas pour lire beaucoup. Un seul passage suffit. Nous le lisons lentement. Puis nous demandons : « Seigneur, quelle parole veux-tu faire entrer aujourd'hui dans ma vie ? » Ensuite, choisissons un acte concret : pardonner une parole blessante, téléphoner à quelqu'un que nous négligeons, renoncer à une colère, aider discrètement une personne, ou prendre quelques minutes pour prier au lieu de nous laisser submerger par nos inquiétudes.

 

C'est ainsi que la semence commence à porter du fruit.

 

Frères et sœurs, ne repartons pas de cette messe en pensant : « Il faut que je devienne meilleur. » Repartons avec une prière plus simple : « Seigneur, travaille mon cœur. » Si aujourd'hui tu trouves en toi des pierres, il peut les enlever. Si tu trouves des ronces, il peut les arracher. Si ton cœur est desséché, il peut lui redonner vie.

 

La semence est déjà là. La Parole est déjà semée. Le Christ est déjà le fondement.

 

Alors ne désespérons jamais de notre cœur. Cette semaine, dans notre famille, dans notre travail, dans nos relations, dans nos difficultés, laissons simplement Dieu travailler en nous.

 

Et peut-être qu'un jour, sans même nous en rendre compte, quelqu'un nous dira : « Quelque chose a changé en toi. » Ce jour-là, nous comprendrons que la semence a porté du fruit. Car ce n'est pas nous qui donnons la croissance : c'est Dieu.

 

Dieu sème partout, même là où la semence risque de ne jamais donner de fruit.


Lectures du treizième dimanche du temps de la Pentecôte : La parabole du Semeur



Livre de la Genèse 2,8-10.15-17.

Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait modelé.

Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Un fleuve sortait d’Éden pour irriguer le jardin ; puis il se divisait en quatre bras :

Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde.

Le Seigneur Dieu donna à l’homme cet ordre : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin ;

mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. »



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,1-11.

Frères, quand je me suis adressé à vous, je n’ai pas pu vous parler comme à des spirituels, mais comme à des êtres seulement charnels, comme à des petits enfants dans le Christ.

C’est du lait que je vous ai donné, et non de la nourriture solide ; vous n’auriez pas pu en manger, et encore maintenant vous ne le pouvez pas,

car vous êtes encore des êtres charnels. Puisqu’il y a entre vous des jalousies et des rivalités, n’êtes-vous pas toujours des êtres charnels, et n’avez-vous pas une conduite tout humaine ?

Quand l’un de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul », et un autre : « Moi, j’appartiens à Apollos », n’est-ce pas une façon d’agir tout humaine ?

Mais qui donc est Apollos ? qui est Paul ? Des serviteurs par qui vous êtes devenus croyants, et qui ont agi selon les dons du Seigneur à chacun d’eux.

Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé ; mais c’est Dieu qui donnait la croissance.

Donc celui qui plante n’est pas important, ni celui qui arrose ; seul importe celui qui donne la croissance : Dieu.

Celui qui plante et celui qui arrose ne font qu’un, mais chacun recevra son propre salaire suivant la peine qu’il se sera donnée.

Nous sommes des collaborateurs de Dieu, et vous êtes un champ que Dieu cultive, une maison que Dieu construit.

Selon la grâce que Dieu m’a donnée, moi, comme un bon architecte, j’ai posé la pierre de fondation. Un autre construit dessus. Mais que chacun prenne garde à la façon dont il contribue à la construction.

La pierre de fondation, personne ne peut en poser d’autre que celle qui s’y trouve : Jésus Christ.




Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 8,1-15.

Ensuite, il arriva que Jésus, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient,

ainsi que des femmes qui avaient été guéries de maladies et d’esprits mauvais : Marie, appelée Madeleine, de laquelle étaient sortis sept démons,

Jeanne, femme de Kouza, intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les servaient en prenant sur leurs ressources.

Comme une grande foule se rassemblait, et que de chaque ville on venait vers Jésus, il dit dans une parabole :

« Le semeur sortit pour semer la semence, et comme il semait, il en tomba au bord du chemin. Les passants la piétinèrent, et les oiseaux du ciel mangèrent tout.

Il en tomba aussi dans les pierres, elle poussa et elle sécha parce qu’elle n’avait pas d’humidité.

Il en tomba aussi au milieu des ronces, et les ronces, en poussant avec elle, l’étouffèrent.

Il en tomba enfin dans la bonne terre, elle poussa et elle donna du fruit au centuple. » Disant cela, il éleva la voix : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »

Ses disciples lui demandaient ce que signifiait cette parabole.

Il leur déclara : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu, mais les autres n’ont que les paraboles. Ainsi, comme il est écrit : ‘Ils regardent sans regarder, ils entendent sans comprendre.’

Voici ce que signifie la parabole. La semence, c’est la parole de Dieu.

Il y a ceux qui sont au bord du chemin : ceux-là ont entendu ; puis le diable survient et il enlève de leur cœur la Parole, pour les empêcher de croire et d’être sauvés.

Il y a ceux qui sont dans les pierres : lorsqu’ils entendent, ils accueillent la Parole avec joie ; mais ils n’ont pas de racines, ils croient pour un moment et, au moment de l’épreuve, ils abandonnent.

Ce qui est tombé dans les ronces, ce sont les gens qui ont entendu, mais qui sont étouffés, chemin faisant, par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie, et ne parviennent pas à maturité.

Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont les gens qui ont entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

 

  

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