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Le pardon de Dieu libère.

27 août
9 min de lecture

Dernière mise à jour : 29 août

Bienaimés de Dieu remplis de grâces, Il y a un verset de l’Évangile qui peut nous bouleverser si nous le laissons vraiment entrer dans notre cœur : « Tes péchés sont pardonnés. » (Lc 7,48). Jésus ne dit pas à cette femme : « Tout va bien, ce que tu as fait n’a pas d’importance. » Il ne nie pas son péché. Il ne nie pas son histoire. Mais il refuse qu'elle reste prisonnière de son passé à perpétuité .


Et c’est précisément ce que nous entendons dans le livre de Michée : « Oui, je suis tombée, mais je me relève ; j’habite dans les ténèbres, mais le Seigneur est ma lumière » (Mi 7,8). La femme de l’Évangile est tombée. Elle porte certainement une histoire lourde, connue de tous, puisqu’on la désigne simplement comme « une pécheresse ». Mais elle découvre quelque chose que nous avons parfois du mal à croire : on peut avoir beaucoup péché et pourtant ne pas être perdu, parce que la miséricorde de Dieu est plus grande que notre péché.


Voilà le cœur des lectures de ce dimanche : Dieu ne nous regarde pas seulement à partir de ce que nous avons été ; il nous regarde à partir de ce qu’il peut encore faire de nous.


Regardons cette femme.

Elle n’a pas de discours. Elle n’essaie pas de se justifier. Elle vient avec ses larmes, son parfum, son silence. Elle se tient aux pieds de Jésus. Et Jésus la voit.

C’est important : Jésus ne voit pas seulement « une pécheresse ». Là où Simon voit une étiquette, Jésus voit une personne. Là où Simon voit un passé, Jésus voit un cœur qui revient vers Dieu.


Le pape François a commenté précisément cet épisode lors de l’audience générale du 20 avril 2016. Il souligne le contraste entre Simon, qui juge selon les apparences, et cette femme qui manifeste par ses gestes la sincérité de son cœur. Pape François, Audience générale, 20 avril 2016, « Les larmes de la femme pécheresse qui est pardonnée ». (Vatican)


Et il y a ici un détail exégétique très important.

Dans le texte grec de saint Luc, Jésus dit que ses nombreux péchés « sont pardonnés » et relie cela à son grand amour. La construction de la phrase a fait l’objet de discussions parmi les commentateurs. Mais le contexte immédiat donne une clé décisive : dans la petite parabole des deux débiteurs, c’est celui à qui l’on remet davantage qui « aimera davantage » ; puis Jésus dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! » (Lc 7,42-43.50).


L’amour de cette femme apparaît donc comme le signe visible d’un pardon qu’elle a accueilli avec foi, plutôt que comme un prix qu’elle aurait payé pour obtenir le pardon. Cette lecture est également cohérente avec l’enseignement du Catéchisme sur le pardon donné par la miséricorde de Dieu. (Bible Hub) Autrement dit : elle n’aime pas pour acheter le pardon ; elle aime parce qu’elle se sait pardonnée.

Et cela change tout.


Il y a des personnes qui passent leur vie à essayer de devenir dignes d’être aimées par Dieu. Elles se disent : « Quand je serai meilleur, Dieu m’aimera. Quand j’aurai réglé ma vie, je pourrai revenir vers lui. Quand j’aurai cessé de tomber, je pourrai prier. »

Mais l’Évangile nous dit l’inverse.

Reviens d’abord. Approche-toi de Jésus avec ta pauvreté. Laisse-toi rejoindre par sa miséricorde. Et alors l’amour commencera à renaître.


C’est exactement ce que proclame Michée : « Qui est Dieu comme toi, pour enlever le crime ? » (Mi 7,18). Et le prophète va encore plus loin : « De nouveau, tu nous montreras ta miséricorde, tu fouleras aux pieds nos crimes, tu jetteras au fond de la mer tous nos péchés ! » (Mi 7,19).

Quel Dieu !

Un Dieu qui ne se réjouit pas de notre chute. Un Dieu qui ne garde pas notre péché dans un dossier pour nous le ressortir chaque fois que nous revenons vers lui. Un Dieu qui veut nous relever.


Le Catéchisme de l’Église catholique enseigne : « Ceux qui s’approchent du sacrement de Pénitence obtiennent de la miséricorde de Dieu le pardon des péchés commis contre Lui » (CEC, n° 1422). Le sacrement de réconciliation n’est donc pas une humiliation imposée au chrétien ; il est le lieu où Dieu nous réconcilie avec lui et nous rend la paix. Catéchisme de l’Église catholique, n° 1422, promulgué en 1992. (Vatican)


Frères et sœurs, peut-être que certains parmi nous portent aujourd’hui un péché ancien. Peut-être une faute que personne ne connaît. Peut-être une blessure que nous avons causée à quelqu’un. Peut-être une faute que nous nous reprochons encore, même après avoir demandé pardon.

Alors écoutez la Parole de Dieu : « Je suis tombée, mais je me relève. »

Ne reste pas couché dans ton passé.

Ne laisse pas ta honte te convaincre que tu es indigne de Dieu.

Ne laisse pas ton péché devenir ton identité.

Tu as péché, peut-être gravement. Mais tu n’es pas ton péché.

Tu es celui que Dieu cherche encore. Tu es celle que le Christ regarde encore. Tu es celui ou celle à qui Jésus peut encore dire : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »


Saint Augustin, dans son Homélie 7 sur la première lettre de saint Jean, donne cette formule célèbre : « Aime, et fais ce que tu veux. » Il ne s’agit évidemment pas de faire n’importe quoi au nom de l’amour. Augustin précise que l’amour doit être « la racine » de nos actes : si la racine est véritablement la charité, elle produit le bien. Saint Augustin, Homélie 7 sur la première lettre de saint Jean, § 8. (New Advent)


C’est ce que nous voyons chez cette femme.

Elle a reçu la miséricorde, et son cœur se met à aimer.

Saint Paul voit le même dynamisme chez les Thessaloniciens. Il rend grâce pour leur « foi active », leur « charité » qui se donne de la peine et leur « espérance » qui tient bon (1 Th 1,3). Leur rencontre avec le Seigneur n’est pas restée une parole. Elle est devenue une vie nouvelle, visible dans leurs actes et dans leur témoignage.



Voilà donc notre chemin aujourd’hui : recevoir le pardon de Dieu et laisser ce pardon devenir amour concret. Pas seulement dans nos prières.

À la maison, peut-être qu’il faut demander pardon à son conjoint.

Peut-être faut-il arrêter de rappeler à un enfant une faute qu’il a déjà reconnue.

Au travail, peut-être faut-il renoncer à une parole dure, à une vengeance silencieuse, à un jugement que nous entretenons depuis longtemps.

Dans la famille, peut-être faut-il faire le premier pas vers quelqu’un dont nous sommes éloignés.


Et si nous portons un péché grave sur la conscience, faisons quelque chose de très concret : retournons au sacrement de réconciliation. Ne remettons pas indéfiniment à demain la rencontre avec la miséricorde de Dieu.

Puis, après avoir reçu le pardon, faisons comme cette femme : offrons au Seigneur quelque chose de notre vie. Un pardon donné. Un service discret. Une visite. Une parole de réconciliation. Un temps de prière fidèle. Un geste d’amour envers quelqu’un que nous avons du mal à aimer.


Car le pardon reçu ne doit pas rester enfermé dans notre cœur.

Il doit devenir amour donné.

Bienaimés, peut-être sommes-nous tombés. Peut-être sommes-nous encore dans une nuit intérieure. Mais la Parole de Dieu nous le rappelle aujourd’hui : « Le Seigneur est ma lumière » (Mi 7,8).

Alors relevons-nous.

Approchons-nous du Christ.

Laissons-le regarder notre misère sans fuir son regard.

Et lorsque nous entendrons à nouveau sa parole, « Tes péchés sont pardonnés », croyons-la vraiment. Alors, comme la femme de l’Évangile, nous pourrons repartir avec cette paix que le monde ne peut pas donner, et notre vie pourra devenir, à son tour, un témoignage vivant de la miséricorde de Dieu.

Le Seigneur ne nous demande pas d’avoir un passé sans faute ; il nous demande de lui ouvrir aujourd’hui notre cœur. Et là où nous lui ouvrons une porte, sa miséricorde peut commencer une œuvre nouvelle.


De nouveau, tu nous montreras ta miséricorde

Lectures du quinzième dimanche de la Pentecôte


Livre de Michée 7,7-9.18-20.


Moi, je veux guetter le Seigneur, attendre Dieu mon Sauveur ; lui, mon Dieu, m’entendra.

Ne te réjouis pas de mon malheur, ô mon ennemie ; oui, je suis tombée, mais je me relève ; j’habite dans les ténèbres, mais le Seigneur est ma lumière.

Puisque j’ai péché contre le Seigneur, je dois endurer sa colère jusqu’à ce qu’il prenne ma cause en main et rétablisse mon droit. Il me fera sortir à la lumière, et je contemplerai sa justice.

Qui est Dieu comme toi, pour enlever le crime, pour passer sur la révolte comme tu le fais à l’égard du reste, ton héritage : un Dieu qui ne s’obstine pas pour toujours dans sa colère mais se plaît à manifester sa faveur ?

De nouveau, tu nous montreras ta miséricorde, tu fouleras aux pieds nos crimes, tu jetteras au fond de la mer tous nos péchés !

Ainsi tu accordes à Jacob ta fidélité, à Abraham ta faveur, comme tu l’as juré à nos pères depuis les jours d’autrefois.




Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 1,1-10.


Frères, de Paul, Silvain et Timothée, à l’Église de Thessalonique qui est en Dieu le Père et dans le Seigneur Jésus Christ. À vous, la grâce et la paix.

À tout moment, nous rendons grâce à Dieu au sujet de vous tous, en faisant mémoire de vous dans nos prières. Sans cesse,

nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ, en présence de Dieu notre Père.

Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui.

En effet, notre annonce de l’Évangile n’a pas été, chez vous, simple parole, mais puissance, action de l’Esprit Saint, pleine certitude : vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous pour votre bien.

Et vous-mêmes, en fait, vous nous avez imités, nous et le Seigneur, en accueillant la Parole au milieu de bien des épreuves, avec la joie de l’Esprit Saint.

Ainsi vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de Macédoine et de Grèce.

Et ce n’est pas seulement en Macédoine et en Grèce qu’à partir de chez vous la parole du Seigneur a retenti, mais la nouvelle de votre foi en Dieu s’est si bien répandue partout que nous n’avons pas besoin d’en parler.

En effet, les gens racontent, à notre sujet, l’accueil que nous avons reçu chez vous ; ils disent comment vous vous êtes convertis à Dieu en vous détournant des idoles, afin de servir le Dieu vivant et véritable,

et afin d’attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 7,36-50.

Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table.

Survint une femme de la ville, une pécheresse. Ayant appris que Jésus était attablé dans la maison du pharisien, elle avait apporté un flacon d’albâtre contenant un parfum.

Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum.

En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. »

Jésus, prenant la parole, lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. – Parle, Maître. »

Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante.

Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait les lui rembourser, il en fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’aimera davantage ? »

Simon répondit : « Je suppose que c’est celui à qui on a fait grâce de la plus grande dette. – Tu as raison », lui dit Jésus.

Il se tourna vers la femme et dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé de l’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux.

Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé d’embrasser mes pieds.

Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds.

Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »

Il dit alors à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. »

Les convives se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? »

Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

  

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