Dieu se manifeste!
- Béchara Aoun

- 2 janv.
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Frères et sœurs bien-aimés de Dieu, remplis de grâces en ce jour, l’Église nous fait entrer dans le temps de l’Épiphanie, ce temps où Dieu se manifeste, où il se révèle à toutes les nations. Après la lumière de Bethléem offerte aux mages, voici aujourd’hui la voix du Père au Jourdain le baptême de Jésus-Christ le Fils bien-aimé du Père, et la présence de l’Esprit Saint sous forme d’une colombe.
Par le baptême nous sommes purifiés, créés de nouveau et rendus enfants bienaimés de Dieu.
Le prophète Ézéchiel nous rappelle : « Ce n’est pas pour vous que je vais agir, mais pour mon saint nom ». Autrement dit, le salut ne part pas de nos mérites, mais de la fidélité de Dieu à lui-même. Le peuple de Dieu est dispersé, infidèle, impur et pourtant Dieu agit : « Je répandrai sur vous une eau pure… je vous donnerai un cœur nouveau… je mettrai en vous mon esprit ». C’est une nouvelle création. Le cœur de pierre devient cœur de chair ; l’homme fermé devient capable d’aimer et d’obéir. Déjà, dans cette promesse, se profile le mystère du baptême.
Saint Paul, dans la lettre à Tite, nous montre l’accomplissement de cette promesse. « La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes » : voilà l’Épiphanie véritable. Cette grâce a un visage, un nom : Jésus Christ. Et Paul le dit avec une clarté admirable : « Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et renouvelés dans l’Esprit Saint ». Ce que Dieu annonçait par Ézéchiel, il le réalise en son Fils. Le baptême n’est pas seulement le pardon du passé ; il est une vie nouvelle, une transformation qui nous rend capables de vivre dans la justice, la douceur, le bien, au milieu du monde.
L’Évangile selon saint Luc nous conduit au Jourdain. Jésus, sans péché, entre dans l’eau avec les pécheurs. Il ne se fait pas baptiser pour être purifié, mais pour sanctifier les eaux, pour inaugurer le baptême qui sauvera. Et au moment où il prie, le ciel s’ouvre. L’Esprit descend. La voix du Père retentit : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie ». Ici se manifeste la Trinité, et ici commence publiquement la mission du Christ.
Saint Grégoire de Nazianze, contemplant ce mystère, écrit : «Le Christ est baptisé, descendons avec lui dans l’eau afin de remonter avec lui. »
Le baptême est une grâce reçue et elle agit en nous.
En ce temps de l’Épiphanie, l’Église nous rappelle que nous avons reçu l’Esprit Saint, et donc un cœur nouveau. Et comme le dit saint Paul, nous sommes devenus « un peuple ardent à faire le bien ». Que par nous, le Nom de Dieu soit sanctifié.

Lectures de la fête de l'Épiphanie selon la liturgie maronite
Livre d'Ézéchiel 36,22-28.
Ainsi parle le Seigneur Dieu : Ce n’est pas pour vous que je vais agir, maison d’Israël, mais c’est pour mon saint nom que vous avez profané dans les nations où vous êtes allés.
Je sanctifierai mon grand nom, profané parmi les nations, mon nom que vous avez profané au milieu d’elles. Alors les nations sauront que Je suis le Seigneur – oracle du Seigneur Dieu – quand par vous je manifesterai ma sainteté à leurs yeux.
Je vous prendrai du milieu des nations, je vous rassemblerai de tous les pays, je vous conduirai dans votre terre.
Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; de toutes vos souillures, de toutes vos idoles, je vous purifierai.
Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair.
Je mettrai en vous mon esprit, je ferai que vous marchiez selon mes lois, que vous gardiez mes préceptes et leur soyez fidèles.
Vous habiterez le pays que j’ai donné à vos pères : vous, vous serez mon peuple, et moi, je serai votre Dieu.
Lettre de saint Paul Apôtre à Tite 2,11-15.3,1-7.
Frères, la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes.
Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété,
attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ.
Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.
Voilà comment tu dois parler, exhorter et réfuter, en toute autorité. Que personne n’ait lieu de te mépriser.
Rappelle à tous qu’ils doivent être soumis aux gouvernants et aux autorités, qu’ils doivent leur obéir et être prêts à faire tout ce qui est bien ;
qu’ils n’insultent personne, ne soient pas violents, mais bienveillants, montrant une douceur constante à l’égard de tous les hommes.
Car nous aussi, autrefois, nous étions insensés, révoltés, égarés, esclaves de toutes sortes de convoitises et de plaisirs ; nous vivions dans la méchanceté et la jalousie, nous étions odieux et remplis de haine les uns pour les autres.
Mais lorsque Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et son amour pour les hommes,
il nous a sauvés, non pas à cause de la justice de nos propres actes, mais par sa miséricorde. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint.
Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous en abondance, par Jésus Christ notre Sauveur,
afin que, rendus justes par sa grâce, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 3,15-22.
Le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ.
Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.
Hérode, qui était au pouvoir en Galilée, avait reçu des reproches de Jean au sujet d’Hérodiade, la femme de son frère, et au sujet de tous les méfaits qu’il avait commis.
À tout cela il ajouta encore ceci : il fit enfermer Jean dans une prison.
Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit.
L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma


