L'Esprit de la Pentecôte
- 22 mai
- 5 min de lecture
Frères et sœurs bien-aimés de Dieu, ce dimanche de la Pentecôte est une grande fête d’espérance pour l’Église. Les trois lectures nous montrent comment Dieu agit pour transformer la confusion en communion, la peur en courage, et la solitude en présence vivante.
Dans le livre de la Genèse, les hommes de Babel veulent construire une tour qui touche le ciel. Leur projet semble grand, mais il cache l’orgueil : ils veulent “se faire un nom” sans Dieu. Le résultat est la division. Les langues se mélangent, les relations se brisent, et les hommes se dispersent. Chaque fois que l’être humain se ferme à Dieu, il finit aussi par se fermer aux autres.
Mais dans les Actes des Apôtres, tout change avec la Pentecôte. Les disciples sont enfermés, inquiets, fragiles. Pourtant, lorsque l’Esprit Saint descend sur eux, ils sortent annoncer les merveilles de Dieu. Chacun entend la Bonne Nouvelle dans sa propre langue. À Babel, les langues divisent ; à la Pentecôte, elles deviennent un pont entre les peuples. Voilà l’œuvre de l’Esprit : créer l’unité sans effacer les différences.
Dans l’Évangile, Jésus prépare ses disciples à cette venue de l’Esprit. Il leur dit : « Je ne vous laisserai pas orphelins. » Cette parole touche profondément notre monde d’aujourd’hui. Beaucoup de personnes vivent la solitude, l’angoisse ou le découragement. Jésus nous rappelle que nous ne sommes jamais abandonnés. L’Esprit Saint demeure avec nous, dans nos combats, nos familles, nos blessures et nos espérances.
Le pape François a souvent rappelé que l’Esprit Saint “crée l’harmonie” dans l’Église et dans les cœurs. Dans son homélie de Pentecôte de 2020, il disait : « L’Esprit Saint nous fait passer de la fermeture à l’ouverture, de la peur au courage. » Cette parole rejoint notre vie quotidienne. Nous aussi, nous pouvons rester enfermés dans nos habitudes, nos jugements ou nos peurs. Mais l’Esprit vient ouvrir des chemins nouveaux.
Saint Augustin disait : « Là où est l’amour, là est Dieu. » La Pentecôte n’est pas seulement un souvenir du passé. C’est un appel à laisser Dieu transformer notre manière de vivre. Le chrétien rempli de l’Esprit devient artisan de paix, de dialogue et de réconciliation.
Concrètement, cette semaine, nous pouvons choisir un geste inspiré par l’Esprit Saint : accomplir la volonté de Dieu de rassembler en écoutant sans juger, priant quelques minutes chaque jour pour l’unité, ou rejetant les paroles qui poussent à la division. Les petits gestes faits avec amour deviennent des signes de la présence de Dieu.
Demandons aujourd’hui la grâce d’un cœur disponible à l’Esprit Saint. Qu’il renouvelle notre Église, nos familles et notre paroisse, afin que nous devenions des témoins joyeux du Christ vivant. Amen.

Lectures du dimanche de la Pentecôte
Livre de la Genèse 11,1-9.
Toute la terre avait alors la même langue et les mêmes mots.
Au cours de leurs déplacements du côté de l’orient, les hommes découvrirent une plaine en Mésopotamie, et s’y établirent.
Ils se dirent l’un à l’autre : « Allons ! Fabriquons des briques et mettons-les à cuire ! » Les briques leur servaient de pierres, et le bitume, de mortier.
Ils dirent : « Allons ! Bâtissons-nous une ville, avec une tour dont le sommet soit dans les cieux. Faisons-nous un nom, pour ne pas être disséminés sur toute la surface de la terre. »
Le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâties.
Et le Seigneur dit : « Ils sont un seul peuple, ils ont tous la même langue : s’ils commencent ainsi, rien ne les empêchera désormais de faire tout ce qu’ils décideront.
Allons ! Descendons, et là, embrouillons leur langue : qu’ils ne se comprennent plus les uns les autres. »
De là, le Seigneur les dispersa sur toute la surface de la terre. Ils cessèrent donc de bâtir la ville.
C’est pourquoi on l’appela Babel, car c’est là que le Seigneur embrouilla la langue des habitants de toute la terre ; et c’est de là qu’il les dispersa sur toute la surface de la terre.
Livre des Actes des Apôtres 2,1-21.
Frères, quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière.
Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux.
Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.
Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel.
Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient.
Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ?
Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie,
de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène, Romains de passage,
Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »
Ils étaient tous dans la stupéfaction et la perplexité, se disant l’un à l’autre : « Qu’est-ce que cela signifie ? »
D’autres se moquaient et disaient : « Ils sont pleins de vin doux ! »
Alors Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration : « Vous, Juifs, et vous tous qui résidez à Jérusalem, sachez bien ceci, prêtez l’oreille à mes paroles.
Non, ces gens-là ne sont pas ivres comme vous le supposez, car c’est seulement la troisième heure du jour.
Mais ce qui arrive a été annoncé par le prophète Joël :
Il arrivera dans les derniers jours, dit Dieu, que je répandrai mon Esprit sur toute créature : vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions, et vos anciens auront des songes.
Même sur mes serviteurs et sur mes servantes, je répandrai mon Esprit en ces jours-là, et ils prophétiseront.
Je ferai des prodiges en haut dans le ciel, et des signes en bas sur la terre : du sang, du feu, un nuage de fumée. Le soleil sera changé en ténèbres, et la lune sera changée en sang, avant que vienne le jour du Seigneur, jour grand et manifeste.
Alors, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14,15-20.
Jésus dit à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous.
l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.
Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.
D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi.
En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


