Connaître Dieu.
- 11 juin
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Bienaimés de Dieu remplis de grâces, la Parole de Dieu nous révèle que la sagesse n’est pas d’abord une accumulation de connaissances ; elle est une relation vivante avec Dieu, rendue possible par l’Esprit Saint.
Dans le Livre de la Sagesse, l’auteur affirme : « J’ai prié, et le discernement m’a été donné. J’ai supplié, et l’esprit de la Sagesse est venu en moi » (Sg 7,7). Il ne dit pas : « J’ai étudié et j’ai tout compris. » Il commence par la prière. La sagesse est reçue avant d’être acquise. C’est pourquoi il la préfère à l’or, à la beauté, à la santé et même au pouvoir. Tout ce que le monde considère comme précieux devient secondaire lorsqu’on découvre la lumière qui vient de Dieu.
Saint Paul développe la même idée dans la Première Lettre aux Corinthiens. Il explique que personne ne peut connaître les profondeurs de Dieu sinon l’Esprit de Dieu (1 Co 2,11). Autrement dit, les réalités divines ne peuvent être pleinement saisies par la seule intelligence humaine. Elles demandent l’accueil d’un don.
Cette vérité éclaire l’Évangile. Jésus exulte de joie dans l’Esprit Saint et bénit son Père parce que les mystères du Royaume ont été révélés aux « tout-petits » (Lc 10,21). Attention : Jésus ne fait pas l’éloge de l’ignorance. Il ne condamne pas l’intelligence ni l’étude. L’Église a toujours encouragé la recherche de la vérité et le développement de la raison. Mais Jésus souligne que la connaissance de Dieu exige une attitude intérieure particulière : l’humilité.
Voici l’éclairage exégétique que nous pouvons retenir aujourd’hui. Dans l’Évangile selon saint Luc, le terme grec traduit par « tout-petits » est nêpioi (νήπιοι). Littéralement, il désigne de jeunes enfants. Mais dans le langage biblique, il évoque surtout ceux qui reconnaissent leur dépendance et leur besoin d’être enseignés. Les « tout-petits » ne sont donc pas les moins intelligents ; ce sont ceux qui acceptent de recevoir. Cette précision est attestée par les grands commentaires exégétiques contemporains, notamment dans le New Jerome Biblical Commentary (Geoffrey Chapman, 1990) et dans le commentaire de l’Évangile de Luc de Joseph A. Fitzmyer, The Gospel According to Luke X–XXIV (Anchor Bible, 1985).
La véritable sagesse consiste donc à demeurer enseignable devant Dieu.
Le Catéchisme de l’Église catholique rappelle : « La foi est d’abord une adhésion personnelle de l’homme à Dieu » (CEC, n° 150 ; édition typique française, Mame-Plon, 1992). Avant d’être un savoir, la foi est une ouverture du cœur à Celui qui parle.
Saint Augustin exprimait cette même vérité lorsqu’il écrivait : « C’est l’orgueil qui transforme les anges en démons ; c’est l’humilité qui fait les hommes semblables aux anges » (La Cité de Dieu, Livre XIV, chapitre 13).
Nous vivons dans une époque où l’information est abondante. En quelques secondes, nous pouvons accéder à une quantité immense de connaissances. Pourtant, la sagesse demeure rare. Car la sagesse ne consiste pas seulement à savoir davantage ; elle consiste à voir les choses avec le regard de Dieu.
Concrètement, je vous propose cette semaine un exercice simple. Avant une décision importante, avant une discussion difficile, avant de répondre à une critique ou à une inquiétude, prenez une minute de silence et dites intérieurement : « Esprit Saint, donne-moi ta sagesse. Apprends-moi à voir cette situation comme Dieu la voit. » Cette courte prière peut transformer notre manière d’agir, de parler et d’aimer.
Frères et sœurs, Jésus nous révèle aujourd’hui que les plus grands trésors de Dieu ne sont pas réservés à une élite spirituelle. Ils sont offerts à ceux qui gardent un cœur humble, disponible et confiant. Demandons la grâce d’être de ces « tout-petits » qui accueillent la lumière du Seigneur.
Et n’oublions jamais : le même Esprit Saint qui faisait exulter Jésus de joie agit encore aujourd’hui dans l’Église et dans nos vies. Si nous lui ouvrons notre cœur, il nous conduira au milieu de nos choix, de nos épreuves et de nos responsabilités. Alors nous découvrirons que la véritable richesse n’est pas ce que nous possédons, mais Celui qui marche avec nous et nous révèle le visage du Père. Amen.

Lectures du quatrième dimanche du temps de la Pentecôte : Jésus se réjouit dans l'Esprit.
Livre de la Sagesse 7,7-14.
Aussi j’ai prié, et le discernement m’a été donné. J’ai supplié, et l’esprit de la Sagesse est venu en moi.
Je l’ai préférée aux trônes et aux sceptres ; à côté d’elle, j’ai tenu pour rien la richesse ;
je ne l’ai pas comparée à la pierre la plus précieuse ; tout l’or du monde auprès d’elle n’est qu’un peu de sable, et, en face d’elle, l’argent sera regardé comme de la boue.
Plus que la santé et la beauté, je l’ai aimée ; je l’ai choisie de préférence à la lumière, parce que sa clarté ne s’éteint pas.
Tous les biens me sont venus avec elle et, par ses mains, une richesse incalculable.
Je me suis réjoui de tous ces biens, les sachant gouvernés par la Sagesse ; j’ignorais pourtant qu’elle en était aussi la mère.
Ce que j’ai appris sans calcul, je le partage sans réserve, je ne veux rien dissimuler de ses richesses :
la Sagesse est pour les hommes un trésor inépuisable, ceux qui l’acquièrent gagnent l’amitié de Dieu, car les bienfaits de l’éducation les recommandent auprès de lui.
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 2,11-16.
Frères, qui donc, parmi les hommes, sait ce qu’il y a dans l’homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît ce qu’il y a en Dieu, sinon l’Esprit de Dieu.
Or nous, ce n’est pas l’esprit du monde que nous avons reçu, mais l’Esprit qui vient de Dieu, et ainsi nous avons conscience des dons que Dieu nous a accordés.
Nous disons cela avec un langage que nous n’apprenons pas de la sagesse humaine, mais que nous apprenons de l’Esprit ; nous comparons entre elles les réalités spirituelles.
L’homme, par ses seules capacités, n’accueille pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu ; pour lui ce n’est que folie, et il ne peut pas comprendre, car c’est par l’Esprit qu’on examine toute chose.
Celui qui est animé par l’Esprit soumet tout à examen, mais lui, personne ne peut l’y soumettre.
Car il est écrit : Qui a connu la pensée du Seigneur et qui pourra l’instruire ? Eh bien nous, nous avons la pensée du Christ !
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,21-24.
À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »
Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !
Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


