L'Eucharistie un don qui sauve!
- 14 mai
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Bienaimés de Dieu remplis de grâces, aujourd’hui, l’Église vit une grande joie. Des enfants vont recevoir pour la première fois le Corps du Christ. Ce n’est pas seulement une belle cérémonie familiale. Ce n’est pas seulement une étape dans la vie chrétienne. Aujourd’hui, Jésus accomplit sa promesse : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel » (Jean 6,51). Et cette unique vérité peut habiter toute notre méditation : dans l’Eucharistie, Jésus se donne réellement pour faire vivre son peuple.
Saint Paul, dans la première lettre aux Corinthiens, nous transmet ce qu’il a lui-même reçu : « Ceci est mon corps, qui est pour vous » (1 Co 11,24). Ce texte est l’un des plus anciens témoignages écrits sur l’Eucharistie. Les spécialistes du Nouveau Testament situent généralement cette lettre vers les années 54-55 après Jésus-Christ. Cela signifie que moins de trente ans après la mort et la résurrection du Seigneur, l’Église célébrait déjà l’Eucharistie comme le don réel du Corps et du Sang du Christ. Source : Bible de Jérusalem, introduction à 1 Corinthiens ; également : Raymond E. Brown, An Introduction to the New Testament, Yale University Press, 1997.
Et dans l’Évangile selon saint Jean, Jésus va encore plus loin : « Ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage » (Jean 6,55). Le mot grec utilisé par saint Jean pour « vraiment » est alêthôs, qui signifie « véritablement, réellement ». Jésus ne parle pas d’un simple symbole. Il annonce un don réel de sa personne. Cette précision exégétique est importante, car elle éclaire pourquoi tant de disciples furent bouleversés en entendant ce discours (cf. Jean 6,60).Source : Novum Testamentum Graece, Nestle-Aland, Jean 6,55 ; commentaire exégétique : Rudolf Schnackenburg, The Gospel according to St John, Crossroad, 1982.
Saint Paul rappelle le geste du dernier repas ; saint Jean révèle le sens profond de ce geste. Jésus ne donne pas quelque chose. Il se donne lui-même.
Chers enfants, aujourd’hui vous allez recevoir Jésus. Pas une idée sur Jésus. Pas un souvenir de Jésus. Jésus lui-même. Le même Seigneur qui a marché en Galilée, qui a guéri les malades, qui a pardonné aux pécheurs, qui est mort et ressuscité. Sous l’apparence du pain, c’est lui qui vient habiter en vous.
Le Catéchisme de l’Église catholique enseigne : « Dans le très saint sacrement de l’Eucharistie sont “contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang conjointement avec l’âme et la divinité de notre Seigneur Jésus Christ” » (CEC, n°1374, citant le Concile de Trente).Source : Catéchisme de l’Église catholique, n°1374
Et saint Augustin disait à ses fidèles : « Devenez ce que vous recevez. »Source : Saint Augustin, Sermon 272, sur l’Eucharistie.
Cette phrase est magnifique. Si nous recevons le Corps du Christ, alors nous sommes appelés à devenir davantage le Corps du Christ dans le monde. L’Eucharistie ne s’arrête pas à l’autel. Elle doit transformer notre manière de vivre. Alors la question devient très concrète : comment savoir si nous accueillons vraiment Jésus ?
Pas d’abord par de grands discours. Mais par une vie qui change peu à peu.
Quand un enfant apprend à pardonner au lieu de se venger, Jésus agit en lui.
Quand des parents trouvent le courage de se parler avec vérité et patience, Jésus agit dans cette maison.
Quand quelqu’un prend du temps pour une personne seule, malade ou découragée, Jésus continue de donner sa vie pour le monde.
Saint Paul nous avertit aussi : « Celui qui aura mangé le pain ou bu la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur » (1 Co 11,27). Ce n’est pas une menace pour faire peur. C’est un appel au respect et à la vérité du cœur. On ne s’approche pas de l’Eucharistie distraitement, comme d’une habitude sociale. On s’approche avec un cœur qui veut aimer, même pauvrement, même imparfaitement.
C’est pourquoi je voudrais proposer aujourd’hui une chose très simple à toutes les familles : après chaque messe dominicale, prenez cinq minutes ensemble. Cinq minutes seulement. À la maison ou sur le chemin du retour. Et chacun répond à cette question : « Quelle parole de Jésus est restée dans mon cœur aujourd’hui ? » Cette petite fidélité peut transformer une famille. Car l’Eucharistie porte du fruit quand la Parole continue de vivre dans nos maisons.
Chers enfants, souvenez-vous de ceci toute votre vie : le jour de votre première communion n’est pas la fin du catéchisme. C’est le commencement d’une amitié. Jésus vient en vous pour marcher avec vous dans les joies, dans les peurs, dans les combats et jusque dans les moments où vous aurez l’impression d’être seuls.
Et à vous tous, frères et sœurs, le Seigneur redis aujourd’hui : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui » (Jean 6,56).
Dieu n’est pas loin. Il ne regarde pas notre vie de l’extérieur. Il vient demeurer en nous pour nous relever de l’intérieur. Chaque Eucharistie est une force offerte à notre faiblesse, une lumière donnée à nos obscurités, une présence fidèle au cœur de notre monde souvent fatigué.
Alors avançons avec confiance vers l’autel. Le Christ vivant nous attend. Et celui qui accueille le Pain de vie ne repart jamais seul.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens ch 11/23-27
23 J’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain,
24 puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »
25 Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. »
26 Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.
27 Et celui qui aura mangé le pain ou bu la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur.
Évangile selon St Jean (06: 51 – 56)
Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde.
Là-dessus, les Juifs se disputaient entre eux, disant : Comment peut-il nous donner sa chair à manger ? Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous-mêmes.
Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour.
Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage.
Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


