La Sainte Trinité!
- 28 mai
- 5 min de lecture
Bien-aimés de Dieu, comblés de grâces,
Pour la fête de la Sainte Trinité, on s’attend souvent à une explication compliquée sur le Père, le Fils et le Saint-Esprit. La Parole de Dieu aujourd’hui nous révèle que Dieu est communion d’amour, et cet amour veut habiter notre vie. La Trinité n’est pas un casse-tête à résoudre, c’est une présence, une communion.
Dans la première lecture, Moïse monte sur le mont Sinaï. Et comment Dieu se montre-t-il ? Par son cœur : « Le Seigneur, le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » (Ex 34, 6).
Ce passage est capital dans toute la Bible. Les spécialistes de l’Ancien Testament le considèrent souvent comme l’une des révélations les plus importantes du visage de Dieu dans l’Ancien Testament. Le théologien français André Wénin, professeur émérite à l’Université catholique de Louvain, souligne que ce texte devient comme une “carte d’identité” de Dieu, reprise dans plusieurs psaumes et livres prophétiques. (André Wénin, Le livre de l’Exode, éditions Lessius, 2019.)
Dieu se définit lui-même par la miséricorde.
Et l’Évangile de saint Jean nous emmène encore plus loin : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16). Le Père donne le Fils ; le Fils vient sauver ; et l’Esprit Saint, comme le dit saint Paul dans la deuxième lecture, crée entre nous « la communion » (2 Co 13, 13).
Vous voyez l’unité des lectures : dans l’Exode, Dieu révèle son cœur ; dans l’Évangile, ce cœur se donne ; dans la lettre aux Corinthiens, cet amour devient communion entre les hommes.
La Trinité, ce n’est donc pas un Dieu solitaire. C’est un Dieu relationnel. Un Dieu qui aime, qui donne, qui unit.
Il y a là une lumière très concrète pour notre vie. Nous vivons dans un monde où beaucoup souffrent de solitude, de divisions familiales, de tensions au travail, d’isolement intérieur. Et parfois même, on peut pratiquer la foi tout en gardant le cœur fermé, méfiant, dur ou indifférent.
Or saint Paul nous dit aujourd’hui : « encouragez-vous, soyez d’accord entre vous, vivez en paix » (2 Co 13, 11). Pourquoi ? Parce que la vie chrétienne consiste à laisser la communion même de Dieu transformer nos relations.
Le Catéchisme de l’Église catholique enseigne : « Toute la vie chrétienne est communion avec chacune des personnes divines » (CEC, n° 259). (: Catéchisme de l’Église catholique, Libreria Editrice Vaticana, 1992.)
Autrement dit : être chrétien, ce n’est pas seulement croire que Dieu existe ; c’est entrer dans la manière d’aimer de Dieu.
Saint Augustin, dans son traité De Trinitate, écrit cette phrase célèbre : « Si tu vois la charité, tu vois la Trinité » (*De Trinitate*, VIII, 8, 12).
Quelle profondeur ! Là où quelqu’un pardonne, écoute, relève, partage, console, la Trinité devient visible.
Alors aujourd’hui, la question n’est pas : “Suis-je capable d’expliquer parfaitement la Trinité ?” La vraie question est plutôt : “Est-ce que je laisse l’amour de Dieu circuler à travers ma vie ?”
Je vous propose un geste très concret cette semaine. Un seul. Choisissez une relation abîmée ou refroidie : dans votre famille, votre voisinage, votre travail, votre communauté. Et posez un acte de communion : reprendre contact, demander pardon, écouter sans interrompre, bénir au lieu de critiquer, prier pour cette personne par son nom.
Ce ne sera peut-être pas spectaculaire. Mais ce sera profondément trinitaire.
Le monde sera touché par des croyants qui laissent passer en eux la tendresse du Père, la paix du Christ et la communion de l’Esprit Saint.
Frères et sœurs, la Sainte Trinité n’est pas loin de nous. Chaque fois que nous faisons le signe de la croix, nous sommes plongés dans cet amour vivant : le Père qui nous crée, le Fils qui nous sauve, l’Esprit qui nous accompagne.
Et même si notre cœur est parfois fatigué, même si nos familles connaissent des blessures, même si notre foi vacille par moments, Dieu continue de marcher au milieu de nous, comme il marchait au milieu du peuple au désert.
Alors n’ayons pas peur d’ouvrir notre vie à cet amour. Car le Dieu tendre et miséricordieux agit encore aujourd’hui. Il relève, il réconcilie, il envoie. Et il peut faire de chacun de nous un signe vivant de sa communion au cœur du monde.

Lectures selon le rite Romain
Première lecture
« Le Seigneur, le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux » (Ex 34, 4b-6.8-9)
Lecture du livre de l’Exode
En ces jours-là,
Moïse se leva de bon matin, et il gravit la montagne du Sinaï
comme le Seigneur le lui avait ordonné.
Il emportait les deux tables de pierre.
Le Seigneur descendit dans la nuée
et vint se placer là, auprès de Moïse.
Il proclama son nom qui est : LE SEIGNEUR.
Il passa devant Moïse et proclama :
« LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR,
Dieu tendre et miséricordieux,
lent à la colère, plein d’amour et de vérité. »
Aussitôt Moïse s’inclina jusqu’à terre et se prosterna.
Il dit :
« S’il est vrai, mon Seigneur, que j’ai trouvé grâce à tes yeux,
daigne marcher au milieu de nous.
Oui, c’est un peuple à la nuque raide ;
mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés,
et tu feras de nous ton héritage. »
– Parole du Seigneur.
Cantique
(Dn 3, 52, 53, 54, 55, 56)
R/ À toi, louange et gloire éternellement ! (Dn 3, 52)
Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères : R/
Béni soit le nom très saint de ta gloire : R/
Béni sois-tu dans ton saint temple de gloire : R/
Béni sois-tu sur le trône de ton règne : R/
Béni sois-tu, toi qui sondes les abîmes : R/
Toi qui sièges au-dessus des Kéroubim : R/
Béni sois-tu au firmament, dans le ciel : R/
Deuxième lecture
« La grâce de Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit » (2 Co 13, 11-13)
Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens
Frères,
soyez dans la joie,
cherchez la perfection,
encouragez-vous,
soyez d’accord entre vous,
vivez en paix,
et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous.
Saluez-vous les uns les autres
par un baiser de paix.
Tous les fidèles vous saluent.
Que la grâce du Seigneur Jésus Christ,
l’amour de Dieu
et la communion du Saint-Esprit
soient avec vous tous.
– Parole du Seigneur.
Évangile
« Dieu a envoyé son Fils, pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 16-18)
Alléluia. Alléluia.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit :
au Dieu qui est, qui était et qui vient !
Alléluia. (cf. Ap 1, 8)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,
mais obtienne la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,
non pas pour juger le monde,
mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement ;
celui qui ne croit pas est déjà jugé,
du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.


