La tendresse de Dieu se révèle!
Bien-aimés de Dieu,
Les trois lectures de ce dimanche nous présentent le visage du Christ Serviteur, doux et fort à la fois, rempli de l’Esprit Saint et envoyé pour apporter, la liberté et le salut.
Dans la première lecture, le prophète Isaïe annonce un serviteur très différent des puissants de ce monde. Il ne s’impose pas par la force. Il ne crie pas. Il ne cherche pas à dominer. Au contraire, il s’approche des plus fragiles : « Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit. » Dieu révèle ici sa manière d’agir : il sauve non par la violence, mais par l’amour fidèle.
Dans l’Évangile Jésus-Christ accomplit parfaitement la prophétie d’ Isaïe. Alors que ses adversaires complotent contre lui, il ne répond pas par la haine. Il continue sa mission de guérison et de miséricorde. Jésus est la lumière des nations annoncée par Isaïe. Il vient ouvrir les yeux des aveugles, libérer les prisonniers de leurs peurs et rendre l’espérance à ceux qui se croient oubliés.
Saint Paul, dans la lettre aux Romains, nous rappelle que le Christ n’est pas seulement un modèle à admirer. Par son Esprit, il habite en nous. La vie chrétienne consiste à laisser l’Esprit Saint transformer nos pensées, nos paroles et nos choix quotidiens. Là où l’Esprit agit, il fait naître la vie et la paix.
Le pape François écrivait dans l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium (2013) :
« Tout être humain fait l’objet de la tendresse infinie du Seigneur ». Cette tendresse n’est pas une faiblesse. C’est la force de Dieu qui rejoint le cœur humain pour le relever.
Sur la montagne Jésus a enseigné : "Heureux les doux, car ils hériteront la terre." Matthieu 5:5 (le mot "doux" désigne non pas la faiblesse, mais la force maîtrisée, comme un cheval dressé). Cet enseignement rejoint l’Évangile de ce jour. Jésus triomphe non en écrasant ses adversaires, mais en demeurant fidèle à l’amour du Père.
Sainte Thérèse de Lisieux disait aussi : « Ma vocation, c’est l’amour. » Voilà le chemin que les lectures nous proposent aujourd’hui. Le chrétien n’est pas appelé à gagner tous les débats, mais à manifester l’amour du Christ.
Cette semaine, nous pouvons vivre concrètement cette Parole de trois manières :
Trouver une parole de douceur là où nous aurions envie de répondre avec dureté ;
Prendre du temps pour écouter une personne découragée, sans la juger;
Invoquer l’Esprit Saint avant nos activités en lui disant : « Conduis moi aujourd’hui sur le chemin de la paix. »
Alors le Christ Serviteur continuera son œuvre à travers nous. Les personnes découragées trouveront du réconfort, les cœurs fermés s’ouvriront à l’espérance, et notre monde découvrira un peu plus la tendresse de Dieu.
Amen.

Lectures du huitième dimanche du temps de la Pentecôte :
Livre d'Isaïe 42,1-8.
« Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit ; aux nations, il proclamera le droit.
Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors.
Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il proclamera le droit en vérité.
Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois. »
Ainsi parle Dieu, le Seigneur, qui crée les cieux et les déploie, qui affermit la terre et ce qu’elle produit ; il donne le souffle au peuple qui l’habite, et l’esprit à ceux qui la parcourent :
« Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ; je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations :
tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. »
Je suis le Seigneur, tel est mon nom ; et je ne céderai pas ma gloire à un autre, ni ma louange aux idoles.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,1-11.
Frères, ainsi, pour ceux qui sont dans le Christ Jésus, il n’y a plus de condamnation.
Car la loi de l’Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus t’a libéré de la loi du péché et de la mort.
En effet, quand Dieu a envoyé son propre Fils dans une condition charnelle semblable à celle des pécheurs pour vaincre le péché, il a fait ce que la loi de Moïse ne pouvait pas faire à cause de la faiblesse humaine : il a condamné le péché dans l’homme charnel.
Il voulait ainsi que l’exigence de la Loi s’accomplisse en nous, dont la conduite n’est pas selon la chair mais selon l’Esprit.
En effet, ceux qui se conforment à la chair tendent vers ce qui est charnel ; ceux qui se conforment à l’Esprit tendent vers ce qui est spirituel ;
et la chair tend vers la mort, mais l’Esprit tend vers la vie et la paix.
Car la tendance de la chair est ennemie de Dieu, elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, elle n’en est même pas capable.
Ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu.
Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas.
Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes.
Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 12,14-21.
Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil contre Jésus pour voir comment le faire périr.
Jésus, l’ayant appris, se retira de là ; beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous.
Mais il leur défendit vivement de parler de lui.
Ainsi devait s’accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe :
“Voici mon serviteur que j’ai choisi, mon bien-aimé en qui je trouve mon bonheur. Je ferai reposer sur lui mon Esprit, aux nations il fera connaître le jugement.
Il ne cherchera pas querelle, il ne criera pas, on n’entendra pas sa voix sur les places publiques.
Il n’écrasera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, jusqu’à ce qu’il ait fait triompher le jugement.
Les nations mettront en son nom leur espérance.”
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


