Reconnaître l’action de Dieu!
Bienaimés de Dieu remplis du Saint Esprit, Sommes-nous capables de reconnaître l’action de Dieu lorsqu’elle se manifeste devant nous ?
Dans la première lecture, le roi Ocozias est blessé et cherche une réponse auprès de Baal-Zéboub, dieu d’Éqrone. Au lieu de se tourner vers le Seigneur, il cherche ailleurs la lumière et le salut. Le prophète Élie lui adresse alors cette parole sévère : « N’y a-t-il donc pas de Dieu en Israël ? » (2 R 1,3).
Dans l’Évangile, Jésus guérit un homme aveugle et muet. Le miracle est visible. La foule s’émerveille. Pourtant, certains pharisiens refusent de reconnaître l’œuvre de Dieu. Plus encore, ils attribuent au démon ce qui vient de l’Esprit Saint. Le drame n’est pas un manque de preuves ; le drame est un cœur qui refuse de voir.
L’unité de ces deux lectures est claire : Ocozias cherche Dieu au mauvais endroit ; les pharisiens voient Dieu agir mais refusent de le reconnaître. Dans les deux cas, il y a une fermeture à l’action divine.
Une précision exégétique peut nous aider à mieux comprendre le texte. Le nom « Baal-Zéboub » apparaît dans 2 Rois 1 comme le nom d’une divinité philistine d’Éqrone. Dans l’Évangile selon saint Matthieu, le nom « Béelzéboul » est devenu, dans le judaïsme du temps de Jésus, une désignation du prince des démons. Ainsi, Matthieu crée volontairement un lien entre les deux passages : ce faux dieu auquel Ocozias s’adresse est devenu l’image même de la puissance opposée à Dieu. Jésus se présente alors comme celui qui vient vaincre définitivement cette puissance par l’Esprit de Dieu. Cette interprétation est largement reconnue dans l’exégèse contemporaine et s’appuie sur les données textuelles de 2 Rois 1 et de Matthieu 12.
Jésus déclare : « Si c’est par l’Esprit de Dieu que moi, j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous » (Mt 12,28). Le signe du Royaume n’est pas d’abord une théorie ; c’est une vie relevée, une personne libérée, un cœur restauré.
Saint Paul développe la même vérité dans la première lettre aux Corinthiens. Il rappelle que les dons sont variés, mais que leur source est unique : « C’est le même Esprit » (1 Co 12,4). Reconnaître l’action de Dieu, ce n’est pas seulement voir les grands miracles ; c’est aussi discerner les œuvres discrètes de l’Esprit dans la vie quotidienne : une parole de sagesse, un acte de service, une réconciliation, une fidélité silencieuse, une foi persévérante.
Le Catéchisme de l’Église catholique enseigne : « La mission du Christ et de l’Esprit Saint s’accomplit dans l’Église » (CEC, n° 737). Le même Esprit qui agissait en Jésus continue aujourd’hui son œuvre dans le peuple de Dieu.
Saint Irénée de Lyon écrivait : « Là où est l'Esprit de Dieu, là est l'Église et toute grâce » (Contre les hérésies, III, 24, 1). Cette parole du IIᵉ siècle demeure actuelle. Là où l’Esprit agit, la vie renaît, la communion grandit et l’espérance se relève.
Concrètement, prenons deux minutes le soir pour répondre à cette question : où ai-je vu aujourd’hui un signe de l’action de Dieu ? Peut-être dans une rencontre, un pardon donné ou reçu, une aide inattendue, une parole de l’Écriture, ou simplement la force de continuer malgré une épreuve. Cet exercice de relecture spirituelle nous apprend peu à peu à reconnaître la présence du Seigneur dans l’ordinaire de nos journées.
Frères et sœurs, le danger des pharisiens n’était pas de manquer d’intelligence, mais de manquer d’ouverture du cœur. Demandons aujourd’hui la grâce de ne pas passer à côté des visites de Dieu. Le Seigneur continue d’agir. Il ouvre encore les yeux des aveugles, il délie encore les langues enfermées dans la peur, il relève encore ceux qui se croient perdus.
Et si nous lui ouvrons notre cœur, nous découvrirons que le règne de Dieu n’est pas seulement une promesse pour demain : il est déjà à l’œuvre aujourd’hui dans nos familles, dans notre communauté et dans notre propre vie. Alors avançons avec confiance, car l’Esprit Saint n’a pas cessé d’agir, Dieu n’a pas fini de faire des merveilles au milieu de son peuple.

Lectures du dixième dimanche du temps de la Pentecôte
Deuxième livre des Rois 1,2-8.
À Samarie, Ocozias tomba du balcon de sa chambre haute. Il se fit très mal. Il envoya des messagers et il leur dit : « Allez consulter Baal-Zéboub, dieu d’Éqrone, pour savoir si je guérirai de ce mal. »
Mais l’ange du Seigneur dit à Élie de Tishbé : « Lève-toi ! Monte à la rencontre des messagers du roi de Samarie et tu leur diras : “N’y a-t-il donc pas de Dieu en Israël, que vous alliez consulter Baal-Zéboub, dieu d’Éqrone ?
C’est pourquoi ainsi parle le Seigneur : Le lit sur lequel tu es monté, tu n’en descendras pas, car, à coup sûr, tu mourras.” » Élie s’en alla.
Les messagers revinrent auprès du roi, qui leur dit : « Pourquoi donc êtes-vous revenus ? »
Ils répondirent : « Un homme est monté à notre rencontre et nous a dit : “Allez ! Retournez auprès du roi qui vous a envoyés et dites-lui : Ainsi parle le Seigneur : N’y a-t-il donc pas de Dieu en Israël, que tu envoies consulter Baal-Zéboub, dieu d’Éqrone ? C’est pourquoi le lit sur lequel tu es monté, tu n’en descendras pas, car, à coup sûr, tu mourras.” »
Il leur dit : « Comment était habillé l’homme qui est venu à votre rencontre et qui vous a dit ces paroles ? »
Ils répondirent : « C’était un homme portant un vêtement de poils et une ceinture de cuir autour des reins. » Il déclara : « C’est Élie de Tishbé. »
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12,1-11.
Frères, au sujet des dons spirituels, je ne veux pas vous laisser dans l’ignorance.
Vous le savez bien : quand vous étiez païens, vous étiez entraînés sans contrôle vers les idoles muettes.
C’est pourquoi je vous le rappelle : Si quelqu’un parle sous l’action de l’Esprit de Dieu, il ne dira jamais : « Jésus est anathème » ; et personne n’est capable de dire : « Jésus est Seigneur » sinon dans l’Esprit Saint.
Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit.
Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur.
Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous.
À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien.
À celui-ci est donnée, par l’Esprit, une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ;
un autre reçoit, dans le même Esprit, un don de foi ; un autre encore, dans l’unique Esprit, des dons de guérison ;
à un autre est donné d’opérer des miracles, à un autre de prophétiser, à un autre de discerner les inspirations ; à l’un, de parler diverses langues mystérieuses ; à l’autre, de les interpréter.
Mais celui qui agit en tout cela, c’est l’unique et même Esprit : il distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 12,22-32.
Alors on présenta à Jésus un possédé qui était aveugle et muet. Jésus le guérit, de sorte que le muet parlait et qu’il voyait.
Toutes les foules étaient dans la stupéfaction et disaient : « Cet homme ne serait-il pas le fils de David ? »
En entendant cela, les pharisiens disaient : « Il n’expulse les démons que par Béelzéboul, le chef des démons. »
Connaissant leurs pensées, Jésus leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient un désert ; toute ville ou maison divisée contre elle-même sera incapable de tenir.
Si Satan expulse Satan, c’est donc qu’il est divisé contre lui-même ; comment son royaume tiendra-t-il ?
Et si c’est par Béelzéboul que moi, j’expulse les démons, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges.Mais, si c’est par l’Esprit de Dieu que moi, j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous.Ou encore, comment quelqu’un peut-il entrer dans la maison de l’homme fort et piller ses biens, sans avoir d’abord ligoté cet homme fort ? Alors seulement il pillera sa maison.
Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse.
C’est pourquoi, je vous le dis : Tout péché, tout blasphème, sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas pardonné. Et si quelqu’un dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un parle contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné, ni en ce monde-ci, ni dans le monde à venir.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


