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Servir c'est aimer !

  • il y a 13 heures
  • 6 min de lecture

Bienaimés de Dieu remplis de grâces, en cette sainte nuit du Jeudi Saint, l'Église nous invite à contempler un mystère unique qui lie la table de l'Eucharistie au bassin du lavement des pieds. Si nous devions retenir une seule idée pour guider notre méditation, c'est celle-ci : l'Eucharistie est la source d'un amour qui se fait service concret. Nous entrons ce soir dans le Triduum Pascal, le cœur battant de notre foi.

 


Les lectures de ce soir, bien qu'issues de traditions différentes, nous présentent une unité profonde. Saint Paul, dans sa lettre aux Corinthiens, nous transmet ce qu'il a lui-même reçu : l'institution de l'Eucharistie. Il nous rappelle que le Seigneur, la nuit même où il était livré, a pris le pain et la coupe en disant : « Ceci est mon corps... ceci est mon sang ». Paul insiste sur le fait que chaque fois que nous mangeons ce pain, nous « proclamons la mort du Seigneur ».

 

Mais comment proclamons-nous cette mort ? L'Évangile de Jean nous apporte la réponse par un geste saisissant. Jean ne raconte pas l'institution de l'Eucharistie par les paroles sur le pain et le vin, mais par le récit du lavement des pieds. Pour l'évangéliste, le geste de Jésus s'abaissant devant ses disciples est l'explication vivante de ce que signifie « aimer jusqu'au bout » . Il y a une continuité parfaite entre le Corps livré sous la forme du pain et le Corps qui s'agenouille pour laver la poussière des pieds de ses amis.

 


Pour approfondir ce geste, tournons-nous vers une précision théologique. Dans le monde antique, le lavement des pieds était une tâche réservée aux esclaves. En prenant le linge et le bassin, Jésus ne fait pas seulement un acte de politesse ; il opère un renversement radical de la hiérarchie divine et humaine.

 

Saint Thomas d'Aquin, dans son commentaire sur l'Évangile de Jean, explique que ce geste manifeste l'humilité du Christ qui, bien que venant de Dieu et retournant à Dieu, choisit de « fouler aux pieds la tendance universelle à l'orgueil ». Théologiquement, le lavement des pieds préfigure la Passion : de même que Jésus dépose ses vêtements pour servir, il déposera sa vie sur la Croix pour nous purifier. Le bassin d'eau devient ainsi le symbole du sang versé qui a le pouvoir de laver nos péchés.

 

Le Catéchisme de l'Église Catholique nous enseigne que « l'Esprit et l'Église coopèrent pour manifester le Christ et son œuvre de salut dans la liturgie », et que l'Eucharistie est le mémorial par excellence de ce mystère. Ce mémorial n'est pas un simple souvenir, c'est une présence active qui nous transforme.

 

Saint Augustin, commentant ce passage, nous exhorte avec force :

 

« Que le chrétien ne dédaigne pas de faire ce que le Christ a fait. Car lorsque le corps se courbe aux pieds d'un frère, le sentiment d'une telle humilité s'éveille dans le cœur lui-même, ou s'affermit s'il y est déjà présent ».

 

Le Pape François nous rappelle également que ce geste de Jésus est une invitation à « confesser nos défaillances et à prier les uns pour les autres afin d'apprendre à pardonner de tout cœur ». Laver les pieds des autres, c'est accepter leur vulnérabilité et prendre soin d'eux .

 


Comment vivre cela demain, dans nos familles ou au travail ? Le lavement des pieds n'est pas une cérémonie annuelle, c'est un style de vie.

 

Je vous propose cette semaine une action concrète : identifiez une personne dans votre entourage qui vous « fatigue », qui vous agace ou que vous avez tendance à ignorer. Décidez, par amour pour le Christ qui vous a lavé les pieds, de lui rendre un service humble et caché. Cela peut être une parole bienveillante, une aide matérielle sans attendre de merci, ou simplement prendre le temps de l'écouter vraiment. Comme le dit le Pape François, « le service n'est jamais idéologique, car on ne sert pas des idées, on sert des personnes ».

 

Frères et sœurs, ne craignez pas de laisser le Seigneur laver vos pieds. Comme Pierre, nous sommes parfois réticents à laisser Dieu s'approcher de nos zones d'ombre et de notre pauvreté. Pourtant, c'est en acceptant d'être aimés et purifiés par Lui que nous devenons capables d'aimer à notre tour.

 

Que cette Eucharistie nous fortifie. Le Christ nous a donné l'exemple pour que nous fassions, nous aussi, comme il a fait. Soyez assurés que chaque geste de service humble que vous accomplirez dans les jours à venir est une proclamation de la Résurrection déjà à l'œuvre dans le monde. Dieu ne nous demande pas de réussir de grandes choses, mais de servir avec un cœur de disciple, simple et humble. Amen.


Laver les pieds des autres, c'est accepter leur vulnérabilité et prendre soin d'eux .

Lectures du jeudi saint selon la liturgie maronite


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11,23-32.

Frères, moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. Et celui qui aura mangé le pain ou bu la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur. On doit donc s’examiner soi-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe. Celui qui mange et qui boit mange et boit son propre jugement s’il ne discerne pas le corps du Seigneur. C’est pour cela qu’il y a chez vous beaucoup de malades et d’infirmes et qu’un certain nombre sont endormis dans la mort. Si nous avions du discernement envers nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. Mais lorsque nous sommes jugés par le Seigneur, c’est une correction que nous recevons, afin de ne pas être condamnés avec le monde.

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13/1-15

01 Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. 02 Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, 03 Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, 04 se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;

 

05 puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. 06 Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » 07 Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » 08 Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » 09 Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » 10 Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »  11 Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » 12 Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? 13 Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. 14 Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. 15 C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

  

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